Navire de légende


Une fiche ajoutée dans nos cales par | 08/09/2024 | Lu 365 fois



Ce petit texte et toute la rubrique maritime du Galion des Étoiles est dédiée à tous les équipages et à leurs capitaines - ainsi qu'à leurs navires passés, actuels et futurs - qui ont fait, font et feront tous les jours un travail consciencieux et passionné, sans oublier tous ces bateaux petits ou grands dans le monde qui, le 15 avril 2012, ont tous donné un long coup de leurs sirènes à l'heure locale et respective de midi...



Une des parois de ma cabine | Photo @ 2024 Christobal Columbus

Qu'est-ce qu'un navire de légende ?

Chacun est bien sûr libre de la définition qu'il se fait de ce qu'est un navire de légende.

Pour information, la rubrique maritime du Galion est destinée à faire connaître ou à rappeler - en bref, à faire revivre pour quelques instants de lecture - des bateaux oubliés, bien que leur histoire et leurs états de service soient formidables pour bon nombre d'entre eux.
 
Bien qu'ils soient l'une des plus belles et grandes inventions de l'humanité, la particularité des bateaux est qu'ils deviennent surtout célèbres par les catastrophes dont ils sont les sujets. Combien de navires ayant emporté des centaines ou des milliers de victimes ou pollué des plages et des océans sont dans ce cas ? À l'inverse, des bateaux qui ont servi de nombreuses années (voire des décennies) et sans trop d'embûches partent à la casse sans même avoir reçu le moindre honneur.

L'histoire maritime est pourtant si riche de petits bateaux et grands navires aux destinées remarquables ! En effet, comme le rappellent certains récits maritimes de cette rubrique : Nul besoin d'être un géant des mers pour écrire l'Histoire...

Des petits bateaux ont affronté le feu ennemi sur des fleuves durant les conflits armés alors que de leur côté, des grands paquebots civils participaient également à l'effort de guerre. De plus petites embarcations, parfois minuscules comme un radeau, ont affronté et traversé des océans, à la merci de vents et courants marins, à la recherche de nouvelles contrées à découvrir alors que d'autres sont entrés en duel avec les glaces polaires en y étant même prisonniers de nombreux mois. Parmi ces valeureux bateaux, beaucoup n'en sont pas revenus...

Un navire ayant vogué quatre jours et emporté avec lui 1500 victimes peut-il être considéré comme un navire de légende

Par sa tragédie, il a fait de l'ombre à son frère jumeau - identique à quelques détails près - et qui avait pourtant participé à la Première Guerre mondiale. Celui-ci a fini par être démantelé en 1935 après 25 années de bons et loyaux services et est tombé, pour la plupart du monde, dans un oubli total de son existence jusqu'à l'arrivée d'Internet et surtout des réseaux sociaux. Oui, ici est bien évoqué l'Olympic, caché éternellement dans l'ombre de son frère le Titanic qui, au fil des films de cinéma, a toujours été mis à l'honneur et présenté comme le plus grand, le plus beau et le plus innovant de son époque. Même chose pour le troisième et identique frère - le Britannic - coulé durant la Première Guerre mondiale deux ans après sa naissance...

Continuellement impressionnants par leur ligne agressive afin de dissuader l'éventuel ennemi, les navires militaires ont également peu de chance de porter ce titre honorifique de navire de légende. En effet, comme son nom l'indique, un navire de guerre est prévu pour faire la guerre et lorsqu'il ne la fait pas, il est tout de même bien là pour montrer qu'il est prêt à en découdre et ce, indépendamment des victimes potentielles.

Un navire qui cause des victimes peut-il faire partie de la légende ?

Les batailles navales ont toujours été sanglantes : Trafalgar, le Jutland, l'affrontement du Hood contre le Bismarck, la (seule et véritable) bataille finale du Yamato, l'Indianapolis et tant d'autres...

Néanmoins, deux navires de ce type peuvent se targuer de pouvoir accéder à ce glorieux titre par leur ancienneté. Toujours existants, l'un - construit en 1765 - repose en cale sèche comme musée au Royaume-Uni, l'autre - datant de 1794 - est malgré son age, toujours en service aux USA ! En plus de deux siècles, ils ne se sont jamais rencontrés.

De la même trempe mais du côté civil, le valeureux Belem (1896) - dont l'histoire est assez rocambolesque - vogue toujours aujourd'hui, servant de navire école pour l'entraînement de stagiaires et apprentis marins. Il participe principalement à une multitude de rassemblements de voiliers, de commémorations et évènements en tout genre, telle l'arrivée de la flamme olympique à Marseille pour les J.O. 2024 de Paris.

Le grand portail des navires de légende pourrait également s'ouvrir à ce valeureux paquebot qu'était l'Île -de-France, appelé aussi "le Saint-Bernard des mers", tant il a participé à de nombreux sauvetages de navires croisant sa course sur ses trente-deux ans de carrière.

Hors période de guerre et hormis les conditions météorologiques, les tragédies navales ont toujours eu comme source l'erreur humaine, qu'elle relève de décisions personnelles ou de défaillances technologiques. Les plus pitoyables erreurs sont certainement les collisions dont plusieurs géants des mers ont fait la malheureuse expérience tels l'Andrea Doria et l'Empress of Ireland, pour ne citer qu'eux. Quelques capitaines auraient dû être jugés au lieu de finir avec leur navire...

Le Titanic n'aura malheureusement pas beaucoup servi d'exemple : toujours plus grands, toujours plus gros, la course au ruban bleu n'a fait que continuer après son naufrage et d'autres catastrophes ont suivi...

Aujourd'hui, les mastodontes touristiques - ces buildings flottants aux projets parfaitement inutiles - s'éloignent de plus en plus de la définition propre du mot "bateau", pour autant qu'on puisse encore les qualifier de la sorte.

N'ayant jamais employé ce terme dans mes récits maritimes, il reste donc à chacun de se faire sa propre définition et catégorie des navires de légende...
Votre dévoué historien maritime du Galion sur la proue du Mercator | Photo @ 2024 Christobal Columbus

Copyright @ Christobal Columbus pour Le Galion des Etoiles. Tous droits réservés. En savoir plus sur cet auteur